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AUGUSTE POULET-MALASSIS
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Biographies
Né à Alençon le 16 mars 1825, Auguste Poulet-Malassis est le dernier des Malassis, imprimeurs alençonnais de fibre républicaine et attachés à la tradition de belle typographie. Il deviendra le plus illustre d’entre eux. Dans l'exigence et la fidélité, Auguste Poulet-Malassis imprime presque toute la poésie d’avant-garde entre 1850 et 1875, soit la plupart des textes de l’école parnassienne dont les fleurons sont Baudelaire, Leconte de Lisle, Champfleury, Gautier, Banville...
Parmi ses richesses, la bibliothèque d’Alençon compte près de 232 titres sortis des presses alençonnaises des Malassis et continue de se porter acquéreur des éditions manquantes.
SES DEBUTS
En même temps qu'il suit de solides études classiques au collège d’Alençon, Auguste Poulet-Malassis s'adonne à l'écriture sous forme de notices biographiques de personnages locaux et perfectionne l'apprentissage du métier d'imprimeur. Très jeune il rencontre Léon de La Sicotière et collabore à l'édition de l’Orne archéologique et pittoresque. Il bouillonne déjà d'idées pour éditer les textes qui ont sa faveur : essais littéraires, philosophiques et historiques.
Admis à l’École des Chartes en 1847, il trouve à Paris le triple agrément d'une vie littéraire, mondaine et politique. Ardent républicain, il collabore en 1848 à un journal de combat : L’aimable faubourien, journal de la canaille et prend part à l’insurrection de juin. Il est incarcéré pendant six mois et son engagement manque de le faire déporter.
Il réussit à réintégrer l’École mais continue de fréquenter ses amis du Quartier Latin et néglige de passer sa thèse car il est d'humeur vagabonde. C'est alors qu'il choisit de revenir à Alençon et de diriger à partir de 1855, avec son beau-frère Eugène De Broise, l’imprimerie familiale. Il y rénove le Journal d'Alençon pour le transformer en deux ans en une feuille littéraire de qualité où écrivent ses amis. Pour l’achalander, il ouvre une librairie à Paris, rive droite, celle de la modernité.
LES EDITIONS POULET-MALASSIS
Très exigeant sur la qualité typographique et riche de ses relations littéraires, A.P.-M. fait imprimer avec raffinement les écrivains-maison, fleurons de la littérature d'alors. Il institue la mode séduisante des titres en rouge et noir, des lettrines, culs-de-lampe et frontispices gravés sur des papiers choisis avec soin.
Mais la publication des Fleurs du mal (1857), immédiatement condamné par la censure, et celle des Mémoires de Lauzun (1858), attirent sur lui les foudres de la justice impériale : lourdes amendes, saisie des éditions et prison. Il reste seul à la librairie parisienne. Son flair, son originalité sont désormais reconnus mais son activité éditoriale est ponctuée de procès.
L’EXIL A BRUXELLES
En faillite, harcelé par ses créanciers, en 1863, il s’enfuit en Belgique où des amis, dont Baudelaire, partagent son exil. Il édite des œuvres érotiques, publie un Bulletin trimestriel des publications défendues en France.
Dans ses dernières années, il réimprime des curiosités romantiques, donne un travail sur l’ex-libris, et annote pour le compte d’un généreux amateur anglais, les Lettres de Madame de Pompadour, volume de la plus gracieuse perfection typographique. Mais il édite trop cher et à un trop petit nombre d'exemplaires et … paie trop bien les auteurs. Concurrencé par les nouvelles méthodes, brisé, il revient à Paris où, après des années de souffrance, il s’éteint le 11 février 1878, laissant la réputation justifiée d’un audacieux découvreur de talents, d’un bibliophile averti et d'un rénovateur hardi de l’édition française.
> Pour en savoir plus, vous pouvez lire :
Une biographie d’Auguste Poulet-Malassis, rédigée d’après Jean-Jacques Launay, auteur du catalogue de l’exposition de 1957 à Alençon.
Un extrait de l’article « Le monde des éditeurs », par Odile et Henri-Jean Martin, paru dans le tome 3 de l’Histoire de l’édition française, sous la direction de Henri-Jean Martin et Roger Chartier – 1990.
Un extrait du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français - Paris, Editions ouvrières,
par Jean Maitron - 1964.
Un article paru dans le n° 16 de la revue le Matricule des Anges par Eric Dussert - juin/juillet 1996.
Un article paru dans l’Humanité par Roland Michel, édition du 15 mars 1996.
« Coco mal perché » mais éditeur inspiré, un article de Nathalie Colleville du Centre Régional des Lettres paru en octobre 2004.
Biographies succinctes d’Auguste Poulet-Malassis :
- NOËL, Benoît et PATURAUD, Laurent : Auguste Poulet-Malassis (1825-1878), éditeur alençonnais d’avant-garde, Alençon, Ville d’Alençon, 2007.
- NOËL, Benoît : Auguste Poulet-Malassis & Charles Baudelaire - 150 ans de l’édition des Fleurs du Mal, catalogue de l’exposition homonyme édité par la Ville d’Alençon en 2007.
Biographie détaillée d’Auguste Poulet-Malassis :
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PICHOIS, Claude : Auguste Poulet-Malassis – L’éditeur de Baudelaire, Paris, Fayard, 1996.

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